De la doctrine humanitaire des peines

Une traduction de « The Humanitarian Theory of Punishment » par C.S. Lewis.

Publié en 1954 puis dans le recueil d’essais « God in the Dock » en 1970.

(Texte en anglais)


En Angleterre a lieu depuis peu un débat au sujet de la peine capitale. J’ignore si un meurtrier a plus de chance de se repentir et de faire amende honorable devant le gibet quelques semaines après son procès ou dans une infirmerie pénitentiaire trente ans plus tard. J’ignore si la peur de la mort est un moyen de dissuasion nécessaire. Je n’ai pas besoin dans le cadre de cet article de savoir s’il s’agit d’un moyen moralement acceptable. Je propose donc de laisser ces questions sans réponse. Le sujet ici n’est pas la peine capitale en particulier, mais la doctrine des peines en général intitulée doctrine humanitaire lors de ce débat public. Ses défenseurs la considèrent douce et clémente. En cela, je pense qu’ils se trompent fortement. Je pense que « l’humanité » dont ils se réclament n’est qu’une dangereuse illusion qui cache la possibilité de cruautés et d’injustices sans fin. J’exhorte donc à un retour à la doctrine traditionnelle ou rétributive, pas uniquement, pas même premièrement, dans l’intérêt de la société, mais dans l’intérêt des criminels.

D’après la doctrine humanitaire, punir quelqu’un parce qu’il le mérite et à la mesure de sa faute, tient de la simple vengeance, et est donc considéré comme barbare et immoral. Il est avancé que les seuls motifs légitimes du châtiment sont les volontés de dissuader par l’exemple ou de réhabiliter le criminel. Combinée, comme c’est souvent le cas, avec la théorie que tout crime est plus ou moins pathologique, la volonté de corriger se meut en celle de soigner ou guérir et le châtiment devient alors thérapeutique. Il semble donc que l’on passe d’une vision dure et moralisatrice consistant à donner leur dû aux criminels à celle charitable et éclairée de prendre soin de ceux psychologiquement malades. N’est-ce pas pour le mieux ? Il me semble cependant nécessaire de mettre en lumière un point de détail, pris pour acquis dans cette doctrine. Les choses faites au criminel, quand bien même appelées traitement, doivent être imposées de force autant que ce qu’on appelait châtiment par le passé. Si une tendance à voler peut être guérie par un psychothérapeute, le voleur doit sans aucun doute être forcé à suivre le traitement. Dans le cas contraire, la société ne saurait perdurer.

Un jury sous la doctrine humanitaire de la peineUn jury sous la doctrine humanitaire de la peine

Mon affirmation est que cette doctrine, bien qu’elle paraisse pleine de miséricorde, implique en réalité que n’importe lequel d’entre nous peut se voir privé de ses droits humains, à partir du moment où il a transgressé la loi.

En voici la raison. La doctrine humanitaire délie de la peine l’idée de culpabilité. Pourtant, la culpabilité et le mérite qui y est associé est le seul lien entre la peine et la justice. C’est seulement parce qu’elle est méritée ou non qu’une sentence peut être qualifiée de juste ou d’injuste. Je ne prétends pas que la question de savoir si elle est méritée est la seule question valable à propos d’une peine. Il est tout à fait pertinent de questionner l’aspect dissuasif d’une peine ou si elle est à même de réhabiliter le criminel. Mais aucune de ces deux questions ne traitent à proprement parler de justice. Caractériser un moyen de dissuasion ou un traitement médical de juste n’a pas de sens. Nous exigeons d’un moyen de dissuasion non pas qu’il soit juste, mais qu’il dissuade. Nous exigeons d’un traitement non pas qu’il soit juste mais qu’il soigne. Ainsi quand on cesse de s’interroger sur ce que le criminel mérite mais qu’on considère seulement ce qui le soignerait ou ce qui pourrait en dissuader d’autres, nous arrachons tacitement le criminel de la sphère de la justice. D’une personne, titulaire de certains droits, il n’est plus désormais qu’un objet, un patient, un cas.

La distinction entre les deux devient plus clair lorsque qu’on cherche à déterminer qui serait qualifié à fixer les sentences dans le cas où elles ne sont plus fixées en fonction de ce que le criminel mérite. Selon l’ancienne doctrine, fixer la juste sentence était un problème moral. Le juge était donc une personne formée à la jurisprudence (c’est-à-dire formée à la science qui traite des droits et des devoirs), et qui, au moins à l’origine, admettait consciemment la loi naturelle et les saintes Ecritures comme guides. Il est vrai que ces hautes sources originales ont été tellement altérées par les coutumes locales, les intérêts particuliers et les concessions de complaisance, qu’elles ne sont qu’à peine reconnaissables dans les codes pénaux actuels de la plupart des pays. Mais le code n’a jamais été en principe retiré des mains de l’esprit de la société, bien que ce fut le cas parfois en pratique. Et lorsqu’en pratique, les peines s’avéraient en désaccord trop profond avec la sensibilité morale du peuple (comme ce fut le cas en Angleterre au XVIIIème siècle), les jurés refusaient de condamner et les réformes nécessaires étaient menées. Cela était possible parce que tant que la question du mérite prévaut, la question étant d’ordre moral, le bien-fondé du code pénal est une question à propos de laquelle tout le monde a voix au chapitre, non pas parce qu’il pratique telle ou telle profession mais simplement parce qu’il est un Homme, un animal doué de raison, jouissant de la lumière divine. Mais tout cela change dès lors qu’on abandonne le concept de mérite. Les deux seules questions que nous pouvons formuler à propos d’une peine sont les suivantes : dissuade-t-elle et/ou « soigne »-t-elle ? Ce ne sont pas des questions sur lesquelles tout un chacun a droit à une opinion juste parce qu’il est un Homme. Il n’a d’ailleurs pas plus voix au chapitre même si en plus d’être un Homme il se trouve être un juriste, un chrétien et un théologien moraliste. Ce ne sont en effet pas des questions de principes mais des questions de faits, et de ce fait tout Homme doit recevoir le crédit qui lui est dû dans son champ de compétence [1]. Seul l’expert « peinologue » (donnons un nom barbare aux choses barbares) peut, à la lumière d’expériences passées, dire ce qui est à même de dissuader. Seul le psychothérapeute peut se prononcer sur ce qui est à même de soigner. Il serait vain pour le reste d’entre nous, les non-initiés, de dire que « cette peine est horriblement injuste, totalement disproportionnée par rapport à ce que mérite le criminel ». L’expert nous répondrait logiquement qu’il n’a jamais été question de ce qu’il a mérité. Il n’a jamais été question de « punir » dans le sens vindicatif et archaïque que vous lui donnez. Voici les chiffres qui démontrent que ce traitement est dissuasif. Voici les chiffres qui démontrent que cet autre traitement soigne efficacement. Pourquoi s’émouvoir ?

La doctrine humanitaire retire alors la capacité de prononcer les sentences de la bouche des juristes, que la conscience publique est en droit de critiquer, et la place dans celles de techniciens experts, dont les sciences n’usent même pas de concepts tels que le droit ou la justice. Il est parfois avancé que puisque ce transfert résulte de l’abandon de la vieille idée de châtiments et donc de toute vision vindicative, laisser les criminels en de telles mains expertes est sans risque. Je ne m’arrêterai pas plus pour commenter ce que cette vision simpliste d’une nature humaine déchue implique. Rappelons que le traitement des criminels doit être obligatoire et voyons comment cette doctrine s’articule dans l’esprit d’un de ses défenseurs. Le tout début de cet article est extrait d’une lettre que j’ai pu lire dans un de nos hebdomadaires de gauche. L’auteur y défendait qu’une certaine faute, aujourd’hui considérée comme un crime dans nos lois, devrait désormais être traitée comme une condition médicale. Il critiquait ensuite le système actuel dans lequel le criminel, après un temps en prison, est simplement relâché dans son environnement de départ pour récidiver le plus souvent. Selon sa vision curative de la peine, le criminel devrait être détenu jusqu’à ce qu’il soit totalement réhabilité. Et, bien entendu, les experts officiels en redressement sont les seuls à pouvoir se prononcer sur quand cela est effectivement le cas. La première implication de la doctrine humanitaire est donc de remplacer une sentence définie a priori (cette sentence étant, dans une certaine mesure, le reflet du jugement moral du peuple quant au mal infligé par le criminel) par une sentence non-définie, abrogeable seulement selon le vouloir des experts – experts, non pas en théologie morale, ou même en loi naturelle – qui l’ont prononcé. Qui d’entre nous, s’il devait se trouver sur le banc des accusés ne préfèrerait pas être jugé selon l’ancien système ?

On pourrait dire que je présente les humanitaires sous un faux jour en continuant à utiliser les mots ‘peines’ et ‘infliger’. Il ne s’agit pas de punir, ni d’infliger mais seulement de guérir. Mais ne soyons pas dupes des termes employés. Être emmené contre son gré loin de chez moi et de mes amis, perdre ma liberté, endurer toutes les attaques contre ma personnalité que les psychothérapeutes modernes puissent délivrer, être remodelé d’après un schéma de la normalité défini dans un laboratoire viennois auquel je n’ai jamais souscrit, savoir que cela continuera jusqu’à ce que mes bourreaux atteignent leur but ou que je sache comment les duper et feindre le succès de l’opération. Qui se soucie qu’on utilise le mot de peine ou non pour décrire cette réalité ? Tous les éléments que l’on craint dans une peine sont réunis : la honte, l’exil, les fers, les années dévorées par les sauterelles [2]. Seule une culpabilité terrible pourrait justifier un tel traitement. Mais la culpabilité est précisément le concept qui a été rejeté par la doctrine humanitaire.

Un médecin devant les grilles d'une prisonMadame le juge des peines

Si l’on se détourne de la vision curative de la peine et nous tournons vers son aspect dissuasif, elle n’en est que plus alarmante. Lorsque que vous punissez quelqu’un in terrorem [3], en faisant de lui un « exemple » pour les autres, vous l’utilisez consciemment comme un moyen pour parvenir à une fin, une fin servant quelqu’un d’autre. Faire cela est extrêmement tordu. Sous la doctrine classique de la peine, cet aspect était toléré sous prétexte que l’homme en question l’avait mérité. Ce point était établi avant que le fait de « faire de lui un exemple pour les autres » ne survint. Vous faites d’une pierre deux coups, comme le dit l’adage : en donnant au criminel ce qu’il mérite, vous donnez un exemple aux autres. Mais rejetez la notion de culpabilité et toute la morale qui soutient la notion de punition s’écroule. Pourquoi donc serais-je sacrifié de la sorte pour le bien de la société, si je ne l’ai pas mérité ?

Mais ce n’est même pas le pire. Si la justification pour des peines exemplaires n’est pas fondée sur le mérite mais seulement sur sa capacité à dissuader, il n’est même plus absolument nécessaire que la personne à punir ait en effet commis le forfait. La dissuasion repose sur le fait que le public soit en mesure de discerner la morale suivante : « si je commets tel acte, je devrais souffrir comme cet homme ». Punir un homme coupable, mais que le public pense innocent n’aura pas l’effet escompté. En revanche, punir un innocent l’aura, tant que le public le croit coupable. Tous les états modernes ont le pouvoir de mener un faux procès. Lorsqu’on a besoin rapidement d’une victime pour faire un exemple et qu’on ne peut en trouver une qui soit coupable, une innocente servira tout aussi bien le but de la dissuasion, à condition que le public puisse être trompé. Punir l’innocent, c’est-à-dire celui qui ne l’a pas mérité, est préjudiciable seulement si l’on concède à la vision traditionnelle qu’une peine moralement justifiée est une peine méritée. Une fois ce critère abandonné, toute peine doit trouver d’autres justifications sans lien avec le mérite, si tant est qu’on veut trouver une justification. Si condamner un innocent peut être justifié en se basant sur les prémices énoncées au préalable (et cela pourrait être justifié dans certains cas si l’on cherche à dissuader uniquement), alors cela ne saurait être moins moralement acceptable qu’une autre condamnation. Le dégoût de la part des humanitaires pour un tel procédé serait simplement un vestige de la doctrine rétributive.

Il est important de noter que mon argumentation ne présuppose aucune mauvaise intention de la part des humanitaires et ne considère que les implications logiques de cette position. Mon assertion est que des hommes bons (pas nécessairement des mauvais) agissant systématiquement selon cette doctrine agiraient aussi cruellement et injustement que les pires tyrans. D’un certain point de vue, ils seraient peut-être même pires. De toutes les tyrannies, celles exercées sincèrement pour le bien de ses victimes sont peut-être les plus despotiques. Il est peut-être préférable de vivre sous le joug de barons voleurs que sous celui de moralisateurs omnipotents. La cruauté du baron voleur peut être mise au repos, sa cupidité finalement repue. Mais ceux qui nous tourmentent pour notre bien nous tourmenteront sans fin avec l’aval de leur conscience. Ils ont plus de chance d’accéder au paradis, tout en étant plus à même de déchaîner les enfers sur Terre. Leur bonté blesse comme un affront intolérable. Être « soigné » contre son gré, soigné d’un état qu’on ne considère pas personnellement comme une maladie revient à être déclassé au rang de ceux qui n’ont pas encore atteint l’âge de raison, de ceux qui ne l’atteindront jamais : les enfants, les idiots ou les animaux domestiques. Être puni, même sévèrement, parce qu’on l’a mérité, parce qu’on aurait dû faire preuve d’un meilleur jugement, revient à être traité en tant qu’être humain, fait à l’image de Dieu.

Nous devons cependant affronter la possibilité, bien réelle, d’un dirigeant malintentionné armé de la doctrine humanitaire de la peine. De nombreuses visions schématiques de la société chrétienne supposent que la société entière est chrétienne ou que les chrétiens sont aux commandes. Bien que très répandue, cette idée est tout à fait chimérique. Ce n’est pas le cas dans la grande majorité des états contemporains. Quand bien même cela serait le cas, nos dirigeants resteraient néanmoins des Hommes déchus, et donc ni vraiment sages ni vraiment justes. En pratique, nos dirigeants seront le plus souvent des impies. La sagesse et la vertu n’étant pas les qualités les plus recherchées pour un poste au gouvernement, ils ne seront le plus souvent même pas les meilleurs d’entre eux.

Le problème auquel est confrontée la politique chrétienne n’est pas de dessiner les contours d’une société chrétienne, mais de vivre aussi justement que possible, en cohabitation avec des concitoyens impies, sous l’action de dirigeants impies qui ne seront jamais ni parfaitement sages ni justes et qui seront même parfois tout à fait imprudents et malfaisants. Lorsque ce sera le cas, la doctrine humanitaire de la peine leur fournira un instrument de tyrannie tel que la malfaisance n’avait jamais pu leur en fournir auparavant. Car de considérer le crime et la maladie comme une seule et même réalité, il s’ensuit naturellement que tout état que notre maître décide d’appeler « maladie » peut être traité comme l’on traite un crime et est donc soigné par la force. Il sera alors vain de plaider que ces états qui déplaisent aux puissants ne révèlent pas toujours une dépravation morale de la personne et qu’elle ne mérite donc pas cette confiscation de la liberté. Car ils n’useront pas des concepts de mérite et de peine mais ceux de maladie et de traitement. Une école de psychologie regarde déjà la religion comme une forme de névrose. Dès lors que cette névrose deviendra gênante pour le gouvernement, qu’empêchera donc le gouvernement de chercher à la « soigner » ? Ce « traitement » sera évidemment donné de force. Mais selon la doctrine humanitaire, cela ne sera pas désigné par le terme si désagréable de persécution. On ne nous blâmera pas d’être chrétiens, on ne nous haïra pas pour cela, on ne nous injuriera pas. Le nouveau Néron aura l’art et la manière d’un médecin et son action se déroulera dans une atmosphère calme et aseptisée dans laquelle les mots tels que « juste » et « injuste », « liberté » et « servitude » ne seront pas même prononcés, bien que la mécanique soit tout aussi implacable que la tunica molesta romaine [4] et la place de Grève [5]. L’ordre donné, tous les chrétiens connus du pays pourront être déportés dans les institutions pour le traitement des malades idéologiques et y seront parqués jusqu’à ce que les experts geôliers décident qu’ils peuvent être relâchés, si cela arrive un jour. Mais il ne s’agira pas de persécution. Même si le traitement est douloureux, même s’il doit se prolonger jusqu’au bout, même s’il est lui-même mortel, cela ne serait qu’un regrettable accident collatéral. L’intention était purement thérapeutique. Dans la médecine ordinaire, il existe des opérations douloureuses et certaines sont mortelles. Il en est de même ici. Mais parce qu’il s’agit bien de traitements et non de peines, elles ne peuvent être débattues que par d’autres experts avec des arguments d’ordre technique, mais jamais par des Hommes, simplement en tant qu’Homme, sur la base de la justice.

Voilà pourquoi il me semble vital de s’opposer bec et ongles à la doctrine humanitaire des peines, partout où l’on peut la rencontrer. Elle porte avec elles les oripeaux de la compassion mais c’est un leurre pour tromper des hommes de bonne volonté. Le ver fut dans le fruit dès que Shelley [6] dit que la distinction entre la clémence et la justice fut inventée à la cour des tyrans. Cela semble noble et ce fut en effet le produit d’une erreur d’un noble esprit. Mais la distinction est essentielle. La vision traditionnelle est que la compassion tempérait la justice, ou que la compassion et la justice s’embrassaient l’une l’autre dans la forme la plus pure de deux. La quintessence de la compassion était de pardonner et de gracier, ce qui nécessite de reconnaître au préalable la faute commise et la culpabilité de celui qui reçoit le pardon. Si le crime n’est qu’une maladie qu’il faut soigner, et non une faute qui mérite un châtiment, il ne peut y avoir de pardon. Comment pardonner à un homme sa rage de dent ou son pied bot ? La doctrine humanitaire veut simplement abolir la justice et lui substituer la compassion. Cela signifie que vous commencez à agir avec compassion pour les gens avant même d’avoir considéré leurs droits et leur imposez votre prétendue gentillesse que personne ne reconnaîtra comme telle, et que le destinataire ressentira comme d’une cruauté abominable. Vous avez manqué la cible. La compassion, détachée de la justice, devient impitoyable. C’est un paradoxe majeur. Comme certaines plantes ne prospèrent que sur le sol rocailleux des montagnes, il semble que la compassion ne puisse prospérer que dans les fissures de la pierre de justice. Transplantez-la dans les marais de l’humanitarisme, elle devient une mauvaise herbe mortelle, d’autant plus dangereuse qu’elle porte le même nom que la variété montagnarde. Nous devrions avoir appris la leçon il y a bien longtemps. Nous devrions être trop avisés pour être trompés par ces prétentions humaines qui ont ouvert la voie à toutes les cruautés de la période révolutionnaire dans laquelle nous vivons [7]. Ce sont les « doux remèdes » qui nous « briseront le dos » [8].

Bunyan [9] a cette phrase : « Dès ce moment je me senti fort ému, et je ne doutai plus, malgré ses paroles attrayantes et ses flatteries, que son dessein ne fût de me vendre comme esclave. » Et John Ball écrit ce couplet : « Sachez distinguer vos amis de vos ennemis. Prenez garde ou payez en le prix. » [10]


[1] En latin dans le texte (« cuique in arte suâ credendum »). Expression légale que l’on peut notamment trouver dans le livre « A Law Glossary of Latin, Greek, Norman, French and other languages ».

[2] Joël 2:25 : « Je vous remplacerai les années Qu’ont dévorées la sauterelle, Le jélek, le hasil et le gazam, Ma grande armée que j’avais envoyée contre vous. »

[3] En latin dans le texte. C’est un terme légal qui une menace utilisée dans l’espoir de forcer quelqu’un a agi d’une certaine manière sans avoir à en recourir à une action en justice.

[4] En latin dans le texte. La tunica molesta était une chemise imprégnée de liquide inflammable utilisée pour les exécutions dans la Rome Antique.

[5] « Smithfield or Tyburn » dans le texte anglais. Smithfield est un quartier du nord-ouest de la cité de Londres. Smithfield a une histoire sanglante d’exécutions de catholiques, de puritains protestants considérés comme hérétiques et d’opposants politiques, parmi lesquels des figures historiques majeures comme le patriote écossais Sir William Wallace. Tyburn est un ancien village du Middlesex, proche de l’actuel emplacement de Marble Arch à Londres. Il est surtout célèbre pour avoir été le principal lieu des exécutions capitales des criminels anglais, entre le XIIème et la fin du XVIIème siècle.

[6] Percy Bysshe Shelley (1792 – 1822) est un poète britannique.

[7] Notez que le texte a été publié en 1954.

[8] Psaume 141:5 « Que le juste me frappe, c’est une faveur; Qu’il me châtie, c’est de l’huile sur ma tête: Ma tête ne se détournera pas; Mais de nouveau ma prière s’élèvera contre leur méchanceté. »

[9] John Bunyan (1628 – 1688), prédicateur baptiste réformé et écrivain allégoriste anglais, connu pour son conte religieux Le Voyage du pèlerin (1678). Dans son récit, le passage dont cette citation est extraite, éclairage élégamment les versets 14 à 25 du chapitre 7 de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains.

[10] John Ball (-1381) fut un prêtre anglais et une figure importante de la révolte des paysans.
La citation est en vieil anglais dans le texte d’origine : « Be war or ye be wo; Knoweth your friend from your foo« .


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